L'IA dans les entreprises françaises. Les chiffres et les échéances.

Qui utilise l'intelligence artificielle en France, dans quelles entreprises, avec quels freins, sur quelles infrastructures, et sous quelles obligations à venir. Chaque repère est daté, sourcé et mis à jour à chaque nouvelle publication de sa source.

Mise à jour : . Données Insee publiées le 21 juillet 2026.

L'essentiel

Quatre repères pour situer une entreprise

20 %

La moyenne de l'Union européenne en 2025. La France s'en rapproche, à deux points.

Eurostat, Insee, 2025
66 %

du chiffre d'affaires du champ est réalisé par des entreprises qui utilisent l'IA, contre 49 % en 2024. Elles emploient 59 % des salariés.

Insee, 2025
80 %

des entreprises utilisatrices achètent des logiciels ou systèmes du commerce prêts à l'emploi.

Insee, 2025
70 %

du marché européen du cloud est tenu par Amazon, Microsoft et Google.

Synergy Research Group, données 2024
Adoption par taille

La taille fait l'écart

Une entreprise de 10 à 49 salariés utilise l'IA presque quatre fois moins souvent qu'une entreprise de 250 salariés ou plus. Entre 2023 et 2025, l'usage a triplé dans les entreprises de moins de 250 salariés.

Part des entreprises utilisant au moins une technologie d'IA en 2025, par taille

  • France
  • Union européenne
  • 10 à 49 salariés
    15 %17 %
  • 50 à 249 salariés
    31 %30 %
  • 250 salariés ou plus
    58 %55 %
  • Ensemble
    18 %20 %
Champ : entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs principalement marchands, hors agriculture, finance et assurance. Sources : Insee, enquêtes TIC entreprises ; Eurostat.
Voir les données 2023 à 2025 en tableau
Part des entreprises utilisant au moins une technologie d'IA, en %
TailleFrance 2023France 2024France 2025UE 2023UE 2024UE 2025
10 à 49 salariés591561117
50 à 249 salariés101531132130
250 salariés ou plus213358304155
Ensemble6101881320
Adoption par secteur

De 9 % à 59 % selon le métier

Six entreprises sur dix utilisent l'IA dans l'information et la communication. Une sur dix dans la construction et dans les transports. Le commerce reste six points sous la moyenne européenne de son secteur.

Part des entreprises utilisant au moins une technologie d'IA en 2025, par secteur

  • France
  • Union européenne
  • Information-communication
    59 %63 %
  • Activités spécialisées, scientifiques et techniques
    33 %40 %
  • Activités immobilières
    26 %25 %
  • Énergie, eau, déchets
    19 %18 %
  • Services administratifs et de soutien
    19 %20 %
  • Industrie manufacturière
    17 %17 %
  • Commerce
    13 %19 %
  • Hébergement-restauration
    12 %12 %
  • Construction
    10 %11 %
  • Transports et entreposage
    9 %11 %
Sources : Insee, enquête TIC entreprises 2025 ; Eurostat.
Voir les données 2023 à 2025 en tableau
Part des entreprises utilisant au moins une technologie d'IA, en %
SecteurFrance 2023France 2024France 2025UE 2023UE 2024UE 2025
Industrie manufacturière571771117
Énergie, eau, déchets, dépollution591991318
Construction23103611
Commerce4101371219
Transports et entreposage2595811
Hébergement-restauration25124612
Information-communication304259294963
Activités immobilières7142691525
Activités spécialisées, scientifiques et techniques141733193140
Services administratifs et de soutien6111981420
Freins déclarés

L'expertise manque avant le budget

Parmi les entreprises qui n'utilisent pas l'IA, le manque d'expertise pèse plus que le coût. Plus l'entreprise est grande, plus il pèse : 73 % à partir de 250 salariés. Chez les utilisatrices aussi, plus d'une sur deux se dit freinée par ce manque.

Raisons évoquées pour ne pas utiliser l'IA en 2025, entreprises non utilisatrices, ensemble

  • Pas d'utilité pour l'entreprise
    71 %
  • Manque d'expertise
    54 %
  • Incompatibilité avec les équipements
    38 %
  • Inquiétudes sur la protection des données
    38 %
  • Manque de clarté juridique
    38 %
  • Coûts trop élevés
    32 %
  • Difficultés liées aux données
    29 %
  • Considérations éthiques
    25 %
Plusieurs réponses possibles. Source : Insee, enquête TIC entreprises 2025.
Voir le détail par taille
Raisons de non-usage de l'IA en 2025, en % des entreprises non utilisatrices
Raison10 à 4950 à 249250 et plusEnsemble
Pas d'utilité pour l'entreprise71695471
Manque d'expertise53667354
Incompatibilité avec les équipements38454638
Inquiétudes sur la protection des données37445338
Manque de clarté juridique36485038
Coûts trop élevés31424032
Difficultés liées aux données nécessaires28324929
Considérations éthiques24302725
Infrastructures

L'IA s'achète, et s'héberge hors d'Europe

L'entreprise française adopte l'IA par l'achat de produits prêts à l'emploi, livrés en grande partie par le cloud. Ce marché est tenu à 70 % par trois fournisseurs américains.

80 %

des entreprises qui utilisent l'IA l'acquièrent sous forme de logiciels ou de systèmes du commerce prêts à l'emploi.

Insee, enquête TIC 2025
73 %

des entreprises qui utilisent l'IA recourent à des services payants de cloud, contre 33 % de celles qui ne l'utilisent pas.

Insee, enquête TIC 2025
15 %

du marché européen du cloud revient aux fournisseurs européens, contre 29 % en 2017. Amazon, Microsoft et Google en détiennent 70 %.

  • 3 américains
  • Européens
  • Autres
Synergy Research Group, juillet 2025, données 2024 (marché de 61 milliards d'euros)

LectureL'adoption et la dépendance progressent ensemble. Une entreprise qui adopte l'IA choisit d'abord un fournisseur, souvent sans le décider explicitement : le choix arrive avec le logiciel acheté.

AI Act, calendrier après l'Omnibus

Les échéances qui concernent l'entreprise utilisatrice

Une entreprise qui utilise un système d'IA est « déployeur » au sens du règlement (UE) 2024/1689. L'Omnibus numérique, publié au Journal officiel de l'Union le 24 juillet 2026, a décalé les obligations relatives aux systèmes à haut risque.

  1. Entrée en vigueur du règlement

    Application progressive, par chapitre.

  2. Pratiques interdites et maîtrise de l'IA

    Interdictions de l'article 5. Article 4 : depuis l'Omnibus, le fournisseur et le déployeur soutiennent le développement de la maîtrise de l'IA de leur personnel, sans obligation d'en garantir un niveau.

  3. Modèles d'IA à usage général

    Obligations des fournisseurs de modèles, régime des sanctions, autorités nationales.

  4. Transparence

    Article 50 : le déployeur signale les hypertrucages qu'il diffuse et informe les personnes exposées à un système de reconnaissance des émotions ou de catégorisation biométrique.

  5. Marquage des contenus générés Prochaine échéance

    Fin du délai de grâce pour le marquage des contenus de synthèse par les systèmes mis sur le marché avant août 2026. Nouvelles interdictions visant les images intimes non consenties.

  6. Haut risque, annexe III

    Systèmes utilisés notamment pour le recrutement, l'évaluation et la gestion des salariés, l'évaluation du crédit, la tarification de l'assurance vie et santé. Initialement prévu le 2 août 2026.

  7. Haut risque, annexe I

    Systèmes intégrés à des produits déjà réglementés : machines, dispositifs médicaux, jouets, ascenseurs.

Utiliser un système à haut risque

À partir du 2 décembre 2027 : usage conforme à la notice du fournisseur, surveillance humaine par des personnes compétentes, conservation des journaux au moins six mois, signalement des incidents.

Article 26

Informer les salariés

Avant de mettre en service un système à haut risque sur le lieu de travail, le déployeur en informe les représentants du personnel et les salariés concernés.

Article 26, paragraphe 7

Entreprises de taille intermédiaire

L'Omnibus étend aux petites entreprises de taille intermédiaire, moins de 750 salariés et 150 millions d'euros de chiffre d'affaires, des allègements jusqu'ici réservés aux PME.

Omnibus numérique, juillet 2026
Contexte

Pourquoi « .si »

Depuis le décret du 29 septembre 2026, l'administration fédérale américaine désigne l'intelligence artificielle sous le nom de Super Intelligence, abrégé SI. Les fournisseurs dont dépendent la plupart des entreprises françaises relèvent de ce cadre.

Ce site garde le terme français et suit ce qui se mesure dans l'entreprise française : l'usage, les freins, les infrastructures, les obligations. Le cadre américain, ses textes et sa chronologie sont suivis sur strategie.si.

Chronologie de la Super Intelligence

Questions fréquentes

Combien d'entreprises françaises utilisent l'intelligence artificielle ?

En 2025, 18 % des entreprises de 10 salariés ou plus implantées en France déclarent utiliser au moins une technologie d'IA, contre 10 % en 2024 et 6 % en 2023. La moyenne de l'Union européenne est de 20 %. Source : Insee Première n° 2120, juillet 2026.

Les PME utilisent-elles l'IA autant que les grandes entreprises ?

L'écart reste fort. En 2025, l'usage atteint 15 % entre 10 et 49 salariés, 31 % entre 50 et 249 salariés et 58 % à partir de 250 salariés. Entre 2023 et 2025, il a triplé dans les entreprises de moins de 250 salariés.

Pourquoi des entreprises n'utilisent-elles pas l'IA ?

Parmi les entreprises non utilisatrices en 2025, 71 % ne lui voient pas d'utilité, 54 % évoquent un manque d'expertise et 38 % des inquiétudes sur la protection des données ou un manque de clarté juridique. Le coût arrive après, à 32 %.

Quand les obligations de l'AI Act sur les systèmes à haut risque s'appliquent-elles ?

Depuis l'Omnibus numérique publié le 24 juillet 2026, les obligations relatives aux systèmes à haut risque de l'annexe III, dont le recrutement, la gestion des salariés et l'évaluation du crédit, s'appliquent le 2 décembre 2027. Celles de l'annexe I, pour les systèmes intégrés à des produits réglementés, s'appliquent le 2 août 2028.

Une entreprise qui utilise un outil d'IA a-t-elle des obligations ?

Oui, comme déployeur. Elle soutient la maîtrise de l'IA de son personnel depuis février 2025, signale les hypertrucages qu'elle diffuse depuis août 2026 et, pour un système à haut risque, assure à partir de décembre 2027 la surveillance humaine, la conservation des journaux et l'information des salariés.

Sources

Vérification de l'ensemble des chiffres et dates : . Prochaine mise à jour attendue : données Eurostat 2026, publication prévue en décembre 2026.

À propos

entreprise.si est rédigé par Christophe Picou, fondateur de VEIA.AI, cabinet de conseil indépendant en gouvernance de l'intelligence artificielle, à Colmar. Le site rassemble des données publiques sans les commenter au-delà de leur lecture. Chaque chiffre renvoie à sa source primaire et porte sa date.

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